lundi 7 janvier 2008

EXPOSITION ROMUALD DELAIRE "LA OU LE VENT PLEURE..." - DU 10 JANVIER AU 10 FÉVRIER A LA GALERIE FREDERIC STORM A LILLE

Romuald Delaire ... l’équilibre dans l’affrontement


Romuald Delaire a eu le courage d’assumer une voie singulière toute tracée qui continue d'attirer et de séduire, de Lille à Paris en passant par Bruxelles. Il exposera ses derniers travaux à partir du 10 janvier à Lille.

Romuald vit et travaille à Comines, dans le Nord, à la frontière belge. Serait-ce une explication à l’évidence de la peinture ? 

Le Nord de l’Europe, la Belgique est si riche d’une tradition picturale millénariste dont son issus les plus grands noms de l’histoire universelle de la peinture. 

On ressemble toujours au ciel qui nous entoure on est baigné dans sa lumière, empreint de la culture qui vous a vu naître. 

On pourrait parler du sujet, de son sujet, c’est-à-dire des vaches (charolaises,

 limousines, etc) on pourrait s’étendre sur une éventuelle monomanie du sujet, évoquer ainsi les autres monomanes, tenter une approche psychanalytique ou pour faire court, du bonheur qui est dans le près. 

Ce qui bouleverse toujours, face à une toile de Romuald Delaire, c’est par ordre le travail du support, longtemps "gondolé" et aujourd'hui parfaitement plat qui donne une dimension singulière au sujet en évitant le piège de l’esbrouffe actuelle (rompre avec la tradition à tout prix en faisant n’importe quoi), ensuite les couleurs et leurs tonalités franches, acides et pour finir la matière qui me rappelle, de loin, mais quelque part tout de même, Paul Rebeyrolle.


Enfin, le miracle d’une harmonie qui ne tient qu’à un fil. C’est, pour moi, le gage du talent. Le vrai, celui qui fait que l’on est peintre comme on respire.

J’ai vu cette peinture pour la première fois par hasard, à Lille, il y a deux ans. Le sujet m’a d’abord enchanté. 

J’admets que j’ai craqué pour les «museaux» autour desquels les cadrages se resserrent parfois et les petits formats mais les grandes toiles sont hautement plus saisissante.

Chaque oeuvre recèle ce que Nicolas de Staël appelait « la fulgurance de l’autorité et la fulgurance de l’hésitation.»

On imagine volontiers le face à face du peintre avec la toile vide, la préparation puis le duel, le combat à mort jusqu’à ce que l’ensemble sonne sur le fil du rasoir et que la toile, vaincue, se prête au jeu de la (re)présentation.

La matière est plus que sensuelle dans la peinture de Romuald Delaire, elle est irrésistiblement charnelle. Les reliefs et les coulées naissent de la rencontre des couleurs qui s’harmonisent en gardant chacune leur indépendance. En dépit des apparences, il y a un rejet de toute dimension décorative. Cette dimension est un prétexte, une facade charmante et charmeuse pour cacher une brutalité et une dynamique centrifuge d’une incroyable virilité. Le sujet, la matière et la manière exultent sous leur apparente tranquilité.

Cet attachement à la peinture en tant que matériau et à ses possibilités matiéristes était cher à Eugène Leroy, Fautrier bien sûr, et rappelle Rauschenberg en peinture.

Les toiles vues à Beaubourg l’année dernière ont révélé ma tendance peinturophage. Il y a chez Rauschenberg une puissance virile, une énergie quasi-sexuelle qui dynamise la composition par la matière. Romuald Delaire est un des rares artistes de sa génération – il est né en 1974 – à peindre réellement, vraiment, tout simplement, en ne suivant aucun autre mouvement que celui qui semble être né de l’anecdote pour atteindre des sommets.

La peinture effectivement, a priori, c’est tout simple, cela dit quand elle est bonne et que tout sonne par l’alchimie d’un équilibre gagné dans l’affrontement, c’est aussi tout simplement inoubliable.


Carla van der Rohe

Galerie Frédéric Storm : 2, rue de la Halle - 59000 Lille. 03 21 55 80 27

Du mercredi au dimanche : 15h-19h.


1 commentaires:

Anonyme a dit…

j'aime mais je ne comprends pas.. ou plutôt j'aimerai aimer ce que je vois dans cette peinture.
il y a un leurre quelque part.
Je ressens une usurpation d'identité ou de ressenti.
les peintures ne sont pas en adéquation avec le discours.